30.11.2005

Libération

Je me suis levé ce matin sans rien attendre. Encore un matin où je me réveille über-motivé, paré pour aller travailler (du moins tenter... parce qu'en ce moment c'est loin d'être la cohue), paré pour une journée harassante à engouffrer des faux petits écoliers made in Champion avec Supergégé. Et ne dites pas que je suis payé à ne rien faire, on mange, on peut pas être partout.
 
Bref, je me suis levé encore de bonne humeur, levé en trombe, pas rappuyé le réveil trois fois, les draps glissaient sur ma peau diaphane alors que je bondissais hors du lit, on aurait dit la pub Lacoste avec le gars qui montre ses fesses, ma coiffure était impeccable, mon haleine fraîche comme la rosée (mais bien sûr...). Et là, après mon ricoré-krisprolls, je vais checker mes mails comme chaque matin. Bien sûr, je sais pertinemment que je vais y retrouver la newsletter de Gucci qui va me demander quand je passerai à leur magasin pour les remettre à flot, parce qu'ils comptent sur mes millions en Suisse pour les faire survivre, les pauvres chéris. Bon, en fait, comme d'hab', il y a un truc du genre "Enlarge your penis"... Donc là, à cette heure du matin, je me demande ... pourquoi tant de haine?
 
Et j'y trouve aussi un joli mail. De 4:3. Qui me souhaite une bonne journée et m'embrasse. Libération. De tout. A cet instant là, je me rends compte que je me suis libéré de tout. De Sonny Boy d'abord. Et de tous les mecs qui m'ont obsédé pendant si longtemps. De Bruno, de Gwenaël, de Sonny Boy... de tous ces gars qui m'ont dévoré, chacun à leur manière. Bruno dans le secret, Gwenaël dans la tourmente, Sonny Boy dans la douceur. Tous des passions, toutes différentes.

Et là, en ce matin, j'en étais enfin libéré.

29.11.2005

Vergüenza

Au gré des vents, au gré des tracés de ma main, de ces volutes manièrées dessinées sur le bois, je me suis laissé guider. Je lisais le blog de Miss Chococat, dont je suis un accro, et j'ai ressenti l'envie de l'approcher, de tenter de la cerner, en étudiant son univers.

De lien en lien, j'ai rampé, fureté, essayant de comprendre. J'étais Icare à deux doigts du soleil. C'est elle qui m'a donné ce plaisir fugace de s'épancher en silence, au vu de tant et de si peu de gens. De crier des plumes, de hurler sans heurter. Peut être qu'en la comprenant, je pourrais faire aussi bien. J'ai visité la Pegeco, Deneevrance, tous les liens qu'elle avait listés. Ce n'est pas de l'obsession (en tout cas, ça serait bien la première fois pour une femme), juste une envie de lever le mystère. Une rechute, un désir compulsif, le vertige d'un manque pour un junkie.
 
Loin d'égaler la maîtresse blogeuse, j'ai tenté, à mon humble niveau, de donner quelque chose, d'offrir un divertissement, que ma douleur ne soit pas que pour moi, égoïste, mais que je contrebalance ce que je prenais dans l'écriture (un apaisement) par un don. Gratuit. Disons transmettre de l'intérêt à d'autres lecteurs, utiliser le terme de bonheur serait prétentieux. Et loin de la réalité. Mon pauvre blog n'a qu'un faible portée et c'est mieux comme ça.
 
La honte m'a envahi. La honte de ressasser mes aventures minables, de commettre ce blog inutile, de ne pas appartenir à un mouvement underground, d'écrire des choses qui me paraîssent futiles. J'ai l'impression d'être la troisième soeur Olsen. Arrêtez moi avant que je ne lance ma propre trousse de maquillage, vendue en bureaux de tabac, à côté des voitures de collection et des dvds sur la guerre d'Algérie.
 
J'ai eu honte de ne pas écouter des artistes inconnus, des chanteurs maudits, d'avoir vaguement écouté à une époque du PJ Harvey, d'avoir aimé pour me faire passer pour un torturé, de continuer à jouer ce rôle. Encore que. Si je continue ce blog, c'est peut être que j'en ressens encore le besoin.
 
Honte aussi de ne pas vivre au maximum, comme Sonny Boy qui fait des plans à trois, de ne pas baiser avec tout ce qui bouge, de ne pas prendre le plaisir là où il est, à cause de règles mielleuses qui m'engluent dans ma couardise. Ma peur de vivre jusqu'au bout. De ne pas être James Dean, de ne pas être Baudelaire, de vouloir mourir dans mon lit plutôt que du sida. De ne pas risquer. De me ménager. Honte de ne pas avoir lu les classiques, honte d'être ennuyé par Dostoïevski (c'est promis, demain au boulot, je le dévore), honte de ne pas m'intéresser à d'autres choses que celles qu'on me donne en patûre. De ne pas aller dans la fosse aux concerts, et même de ne plus être allé à un concert depuis au moins des réverbères (voire même des über-réverbères, dans mon cas).
 
Honte de m'en foutre, de me foutre de ne pas avoir eu de nouvelles de ma grand-mère depuis quatre ans. Il paraît qu'elle déménage chez ma tante à Montpellier. Je ne la reverrai sûrement pas avant qu'elle ne meure. Et j'irai pleurer (peut être) à son enterrement et penser en mon for intérieur que si elle avait été moins conne, et que si elle avait considéré mon père comme un enfant et non comme un bâtard, on n'en serait pas là, à ne pas se souhaiter nos Noëls. De m'en foutre que mon gros lard d'oncle et mon laidron de tante, ses enfants chéris, lui aspirent le sang jusqu'au dernier centime. De me foutre qu'à sa mort, il y aura sûrement un HLM avec des paraboles à la place de son jardin couvert de roses. Que ses deux infâmes bambins auront fait la culbute en revendant son sol, son attache, et qu'à la place ils y laisseront pousser des billets.
 
Quoiqu'il arrive, ce soir, j'irai me coucher, et demain, je me lèverai. Un peu plus lourd, lourd de ma honte. Mi vergüenza.

26.11.2005

4 consonnes et 3 voyelles

C'est le prénom d'une étincelle. Je le murmure à mon réveil entre les plumes du sommeil.
 
Bon ok, j'avoue, c'est du plagiat, je copie Carla. En même temps, pourquoi se priver de reprendre ce que l'on trouve beau et vrai? De ce côté-là, rien de plus joli n'avait été écrit sur ce prénom. Et c'est le "il" qui m'attire en ce moment. Exit Sonny Boy, nous n'avons plus que de l'amitié à nous offrir l'un l'autre, et c'est ainsi que désormais je l'aimerai. Platoniquement.
 
Mais depuis peu, j'ai rencontré (4:3) qui m'a aidé à avancer. J'attendais Sonny Boy dans une abysse, et avec le temps j'avais appris à aimer cette abysse. Je me complaisais en elle. J'y suis resté un an, j'ai même écrit un blog pour exposer et tenter d'exorciser cette douleur exquise. Je me morfondais. Mais c'est fini.
 
Lentement, j'ai refait mon chemin vers la surface. Les débuts ont été difficiles. J'avais commencé à remonter avec Néo (voir Thelma et Louise, note d'octobre). Il m'avait plu, je l'avais voulu, même si je m'en défendais. Puis il avait disparu. Envolé. Et je l'ai vu réapparaître sous un autre nom, celui de (4:3). J'ai recommencé à lui parler, mais il ne m'a pas reconnu. Il s'en est pris plein les oreilles, je me suis énervé contre lui, disant qu'il avait disparu sans me donner de nouvelles, et que à cet instant, il jouait à ne pas me reconnaitre. Sauf que ce n'était pas lui. La personne réapparue était (4:3), le cousin de Néo.
 
Je sais, ça parait confus. Mais (4:3) avait prêté son identité à Néo, qui avait erré sous son manteau en attendant de retrouver son chemin (et sa sexualité). Puis quand Néo avait disparu, (4:3) avait repris son nom... d'où la confusion. Je pensais m'adresser à Néo, mais je parlais à (4:3). Il ne comprenait pas pourquoi je m'énervais contre lui. Je pense qu'il m'a pris pour un psychopathe.
 
Il a pris le parti d'en rire. De moi, en partie. Petit con :). C'est en ça qu'il m'a plu. Non pas que je parte encore dans une folle calvacade amoureuse, j'ai décidé d'arrêter d'être naïf, mais il m'a changé des autres. Il m'a aussi changé de ce moi que j'ai traîné pendant un an.
 
Il est parti errer, lui aussi, à la recherche de son vrai moi. Voir si la voie la plus facile, la plus normale, ne serait pas au final pour lui...
 
Patiemment, je le murmure à mon oreille, et chaque lettre m'émerveille.

24.11.2005

Indigestible City

Pas envie, pas envie d'écrire, rien à raconter, molasson, pas d'internet, du moins pas encore, résilié mon fournisseur, passage à un autre pas encore effectif, coincé dans le néant, coupé du monde, je vais mourir en ermite, dans l'indifférence; en même temps qui ça intéresse? j'ai l'impression d'être amputé de mes cordes vocales, d'être amputé de mes amis, pas de téléphone, pas de télévision, pas d'internet, l'horreur, le cri de la feuille, on entend juste le bruissement de la chlorophylle, en un mot rien, les hurlements des chenilles le matin dans les prairies immenses (ou le soir au fond des bois, chacun son truc) bref, c'est la über-Kakke, lecture de City d'Alessandro Baricco, phrases à rallonge, des paragraphes entiers en une phrase, entrecoupés de virgules, pas de points, ça fait cérébral, mais bon Dieu, c'est d'un chiant. :)
 
Dévoré quand même un Joe Keenan (Un mariage à la mode). Un pédé notoire et une pimbêche new-yorkaise embringués dans un faux mariage pour arnaquer en cadeaux somptueux leurs richissimes familles respectives, d'un côté la mafia, de l'autre une duchesse anglaise. Fin, léger (un peu trop parfois), une conclusion un peu brouillon mais marrant. Moralité: bouffé en deux jours, 363 pages.
 
Par contre, calé sur le Baricco. Soie était bien, mais City.... Indigeste.
 
En attendant mon internet, je mange des livres.

21.11.2005

Les ennemis intimes

La saison de l'hiver. Celle qui use les corps et les esprits, abîme les envies et les motivations.
 
De mon travail temporaire chez Taitt, je ne devais retenir que 6 mois d'un labeur répétitif, à ressasser tout le temps le même texte, apportant de temps en temps quelques variantes, quelques blagues mêmes, qui au bout de ces six mois me paraissent désormais bien monotones.
 
Tout comme le public qui se presse (enfin, presse, c'est beaucoup dire...) aux portes de l'accueil. Monotones, gris, fades. De temps en temps, un rayon de soleil, un brésilien égaré, perdu avec son accent roulant, une australienne qui porte 30 kilos de matériel de camping sur son dos. Mais bon, globalement, c'est loin d'être l'éclate.
 
Heureusement, il y avait les gens qui travaillaient ici, Titia, Chacha, ML, K, Gégé, Macha, Jojo et Clo. Macha avait été celle avec qui j'avais eu le plus d'affinités. Nous partagions des fous rires à longueur de journée, des parfois à s'en ruiner un slip... Elle était partie vers de meilleurs horizons...
 
C'était ensuite avec ML que je m'étais, je crois, le mieux entendu. Elle était douce, affable, gentille, discrète, avec parfois des éclats tonitruants. C'était elle qui devait travailler avec Gégé cet hiver, au moment où il ne reste que deux guides. Finalement, on l'avait jetée, avec assez peu de considération, surtout si l'on regarde son investissement dans la maison.
 
Et on m'avait proposé au pied levé de prendre sa place. Je me suis senti dégueulasse. J'ai accepté d'être le fourbe qui prendrait son siège encore chaud. Besoin d'argent. Manque de fierté. Juste rattrapé par la réalité. Elle est partie sans que je puisse la revoir.
 
Bizarrement et insidueusement, dans mon esprit, je suis devenu pour elle un ennemi intime.

17.11.2005

Amélie N.

Malgré ce que j'avais ressenti au restaurant la veille, j'ai décidé d'emmener Sonny Boy à une conférence qui accueillait Amélie Nothomb. Au départ, je devais y aller avec Sonny Boy et Am, une amie dingue de la miss Nothomb, et que les parents de ses élèves appellent aussi Amélie, parce que son nom de famille diffère juste d'une lettre de celui de l'écrivain. Pour ceux qui n'ont pas tout compris à ce que je viens d'écrire, elle s'appelle presque pareil...
 
Au départ donc, nous devions être trois. Le problème est que j'avais déjà eu deux places par des moyens déviés et qui feront l'objet d'un prochain épisode de Julie Lescaut (nan spavré). Non, en fait, j'ai juste des connections (à prononcer à l'anglaise svp). Donc je devais emmener Am, et Sonny Boy devait appeler le standard pour prendre une place pour sa gracieuse personne. Le problème, c'est que le standard a été saturé de 14h jusque 14h30, jusqu'au moment où ils ont mis un vieux répondeur disant: "La conférence avec Amélie Nothomb rencontrant un vif succès, nous sommes au regret...". Ouais bon, ok, ta gueule. 30 min à rester pendu au téléphone, à composer les numéros comme un taré, tout ça pour finir bredouille avec des doigts gonflés comme des boudins.
 
A ce niveau là de l'intrigue, c'est le drame pour moi... Ayant proposé à deux personnes de venir en plus de moi, et seulement des places pour deux d'entre nous. Au final, Am m'a laissé gentiment y aller avec Sonny Boy. (Bon, là, c'est un moyen détourné pour te remercier encore ;P ).
 
La veille, en rentrant après le DVD de The Hours, en rentrant sur le chemin, je me suis dit que je n'avais pas envie d'y aller avec lui. Am s'était sacrifiée gentiment dans l'après-midi pour me laisser y aller avec lui le lendemain, et le soir même de son sacrifice, je me rendais compte que j'aurais préféré y aller avec elle. Qu'au vu de mes réactions face à Sonny Boy au restaurant, la partie était loin d'être gagnée.
 
J'ai voulu appeler Sonny Boy pour lui dire que finalement je ne voulais pas aller avec lui, et reproposer à Am. J'ai pensé tellement fort que si lui ne m'avait pas donné de deuxième chance, alors je ne voyais pas pourquoi je lui en donnerais une. Je pensais le laisser là, planté et ne plus jamais le rappeler. Puis dans ma grande mansuétude, j'ai pensé que je m'en servirais comme ultimatum. J'irais avec lui, j'aviserais et suivant le déroulement, je déciderais de le revoir ou pas. Le rendez-vous de la dernière chance, c'est ce que c'était. Pour moi du moins. Je ne lui ai jamais fait part de ça.
 
Nous y sommes donc allés ensemble. Sonny Boy et moi. Au final, je dois avouer que j'ai été content de lui avoir fait ce cadeau, de l'avoir emmené. Je l'ai revu avec des yeux brillants, il souriait, il était lui, comme il était avant avec moi. Comme Amélie, il rayonnait. Rien à voir avec le blizzard qui avait soufflé la veille.
 
On avait marché sur une corde raide, et là, tout à coup, un chemin se reformait sous nos pieds.

16.11.2005

L'agace

Mercredi 16, le lendemain de notre discussion avec Sonny Boy sur la possibilité du oui. La première fois que nous allions nous revoir depuis notre séparation provisoire. J'appréhendais à l'idée que l'on ait plus rien à se dire, que l'on se retrouve étranger l'un à l'autre. Vidé de mes sentiments pour lui, j'imaginais que nos liens seraient brisés. J'étais stressé, irritable, paniqué à l'idée que tout soit mort.
 
Nous avons décidé de nous revoir en ne changeant rien, dans l'espoir de retrouver les reliefs de notre relation tels que nous les avions laissés. Un restaurant en tête à tête, juste nous deux, à discuter, à se regarder, reconquérir ce terrain perdu. Renouer.
 
Je mangeais lentement, je l'observais manger. Et derrière mes carottes rapées, ma scarole et mes lardons, je l'ai trouvé puéril. Sur le coup, il m'a agacé. Dégoût de lui, dégoût de la nourriture. Des hauts le coeur à le voir réduire son pain en petits bouts et les jeter dans son assiette comme on ferait pour une soupe. Puis il ramassait conscieusement ses morceaux, embrochant au passage une feuille de salade, et épongeant avec ce qu'il pouvait de sauce.
 
J'avais l'impression de me trouver en face d'un étranger. Je l'étais. Un enfant de six ans, je ne revoyais pas en lui l'homme que j'avais aimé. J'ai eu une furieuse envie de partir. Ca n'a duré que quelque secondes, mais j'ai pensé que c'était réellement fini. Que je n'appréciais pas ce qu'il était. A l'époque où nous nous voyions tous les jours avec Sunshine et Singerboy, il s'était permis de me dire: "Je n'aime pas ce que tu deviens". A cet instant dans le restaurant, j'ai pensé de la même façon, je n'aime pas ce que tu es devenu.
 
Il forçait le trait. Il savait qu'avant, cela m'amusait qu'il fasse l'enfant. Là, c'était trop. Il m'a trouvé distant et m'a demandé ce que j'avais. Je lui ai dit que je le trouvais gamin et que je n'aimais pas qu'il force le trait. Puis il est redevenu lui. Je l'ai retrouvé, du moins je pense.
 
A l'origine, je ne voulais pas poster cette note, pensant que cela le blesserait sûrement s'il venait à tomber dessus. Mais je me suis toujours efforcé d'être honnête, ici, et pour moi-même avant tout. C'est ce que je fais. Dans ce restaurant, et même après quand en sortant nous avons regardé The Hours en DVD, j'ai senti un lien se briser.

15.11.2005

La possibilité d'un oui

Une semaine et demi sans parler à Sonny Boy, sans s'appeler, sans se donner de nouvelles. Au début, ça a été dur, par la suite, autant être honnête, je n'y pensais presque plus. Puis il m'a recontacté, il était de nouveau chez ses parents, et voulait mon adresse MSN pour rediscuter.
 
Je pensais que dans un mouvement de rage, il l'avait effacée. Mais finalement j'avais tort. Il avait juste changé son mot de passe, et l'avait par la suite oublié. Tenté trois fois de le ravoir, mais peine perdue, son compte avait été bloqué.
 
Nous avons rediscuté, parlé du fait que ce mois-ci, pour une fois, je n'avais pas explosé mon forfait, ce que je le lui devais entièrement, vu qu'auparavant nous nous appelions 1 fois par jour, ou au moins une fois tous les deux jours, et que là, pendant une semaine et demi, cela avait été silence radio total. C'est vrai que c'était de loin mon numéro un. Depuis notre séparation provisoire, c'était Léa, qui le talonnait de très près alors que nous nous parlions encore.
 
Je lui avais expliqué que la pauvre était repartie en Allemagne tenter de récupérer son ex. Léa et moi avons toujours bizarrement traversé les mêmes choses au même moment, les mêmes rancoeurs, les mêmes soupirs. C'est sûrement pour ça que nous sommes si bons amis. Donc je lui ai raconté qu'elle voulait reprendre avec Mat (son ex), mais que lui ne voulait plus... (Tiens, tiens, ça me rappelle vaguement un truc.) C'est vrai que Léa et Mat s'était revus pour tenter de recoller les morceaux, qu'il l'avait embrassée, et qu'elle était revenue pleine d'espoir. Puis Mat avait changé d'avis. Repris ce qu'il avait donné. Je le comprends un peu, il a souffert quand elle l'a laissé, et je crois qu'il a du mal à se relancer, de peur de se reprendre des bleus à l'âme.
 
C'est là que nous en sommes venus à évoquer la possibilité d'un oui. C'est vrai, Mat avait fait miroiter à Léa des oasis dans son désert, et il les avait effacées ensuite. Ce à quoi Sonny Boy répondait qu'effectivement, ça n'était pas très honnête de sa part, et qu'il aurait mieux valu lui dire non dès le départ (comme lui avait fait avec moi). Il pensait que c'était moche de lui avoir redonné espoir en vain.
 
Mais ça n'est pas le "oui" ou le "non", ou encore le "oui non je sais pas" qui importent. Ce qui importe vraiment, c'est la possibilité d'un oui. Qu'on vous dise sans arrêt "non", qu'on vous le repète au cours des nombreuses fois où vous discutez du passé, malgré tout, envers et contre tout, rien ne vaut la possibilité d'un oui.
 
Pas évident d'entendre les mots quand les sentiments sont là. Et font un bruit étourdissant pour couvrir ce refus. Les mots s'inclinent face aux battements du coeur. L'important n'est pas ce qu'on dit, mais ce qu'on imagine encore possible. On s'accroche à cette possibilité, on s'accroche à des regards, des sourires, de la complicité qui ne signifient peut être rien pour l'autre, mais tellement pour nous. Peu importe ce que dit l'autre, ce qui compte c'est ce qu'on voit, avec nos yeux.
 
Etrange que l'évidence du non, dit et redit, crié, hurlé, ne puisse rivaliser avec cette petite chose si tenue, si fragile, si précaire, qu'est la possibilité d'un oui.
 
Je sais que maintenant, cette possibilité d'un oui est morte, non pas parce que j'accepte qu'il ne veuille pas reprendre, non pas parce que le refus vient de lui. Mais parce que désormais il vient de moi. J'ai tué le oui.
Si Sonny Boy revenait pour me demander de recommencer, qu'il me suppliait à genoux, se trainaît de douleur jusqu'à St Jacques de Compostelle, je sais que même avec ça, je ne lui accorderais plus.
 
J'accepte son non, parce que désormais il vient de moi. J'ai assassiné le oui.

13.11.2005

Tom-Tom et Nana

Hier soir, soirée chez Tom-Tom et Nana, dans leur appartement sublissime... Un ancien cloître rénové, avec une cour et une église qui trône majestueusement en plein milieu, des lapins blancs qui se promènent dans le parc, et tout ça au centre de Reims. Non, je n'ai pas des amis millionaires, juste très très très chanceux. Bref, un appart sans pareil (enfin, si on ne comptabilise pas ceux qui sont dans la même résidence).
 
Donc soirée d'anniversaire de Tom-Tom à fêter ses (hum hum) ans :). Juste Mamat, Ré, Gaelle, Stéph, Tom-Tom, Nana et moi. Cela m'a fait bizarre de penser qu'il n'y aurait que nous, parce que c'est vrai, nous faisions un peu noyés à nous 7 dans les 100m2 de leur maison. J'avais l'impression bizarre de flotter dans des habits trop grands. Ca m'a vraiment fait plaisir de les voir heureux de leurs vies, bien installés, avec deux WCS (et oui, c'est une marque de réussite sociale indéniable). Il faut dire que la dernière fois, ils avaient vraiment l'air de galérer financèrement, et c'est avec un certain soulagement que j'ai admiré leur domaine.
 
Soirée alcoolisée forcément. De toute façon, avec Tom-Tom, on est sûrs qu'on ne va pas mourir tout desséchés comme des pruneaux d'Agen, et encore moins quand Mamat est dans les parages. Donc on a joué à des jeux d'alcool, le bizkit par exemple. Les autres tournaient à la Despe, moi à la Vodka-Fraises Tagada (laisser macérer les fraises une nuit dans de la vodka). Mélange somme toute assez curieux, mais assez efficace pour donner bien bien mal au crâne. Enfin, Ré a fini encore plus bourré que moi, et il faut le faire quand même parce que lui tournait à la Despé... Chochotte :)
 
Puis nous sommes repartis après avoir fait du tir aux canards sur sa vieille SuperNes (je sais, l'alcool abime les neurones. Mais que voulez-vous ma bonne dame...)
 
Content de voir que tous allaient bien, de revoir Mamat avec qui j'avais discuté de Sonny Boy. Elle m'avait dit qu'elle aurait pu écrire la même chose que moi depuis 6 ans maintenant. Content aussi de voir que nous ne nous étions pas frités avec Ré.
 
On va mettre ça sur le compte des Fraises Tagada... :)

12.11.2005

Le bouddhisme alimentaire

Vous allez dire que les chagrins d'amour, ça rend con, ou pas tout à fait net... J'ai décidé aujourd'hui de m'appliquer une discipline de fer (qui va encore durer trois jours, je me connais). Bref, j'ai décidé de donner à mon corps ce dont il a besoin, pas ce dont il a envie.
 
En fait, ça vient d'un article de Femme Actuelle qu'une de mes collègues lit. (Oui bon, j'avoue, je l'ai lu aussi... après avoir fini le Gala sur le bide de Jean-Luc Delarue... Honte sur moi! Il faut dire que JLD a une nouvelle copine et qu'il s'est fait prendre en photo sur une plage à moitié dénudé... donc avec la paillasse à l'air, et il n'y a pas que du joli). Il y avait aussi un avant/après (look des années 80/maintenant) avec Brad Pitt, Sarah Jessica Parker... Edifiant. Je sais, on se cultive chez Taitt.
 
Mais revenons à mes moutons. Donc l'article disait qu'en fait, on mange beaucoup trop et c'est à cause de cela que l'on a des maladies cardiovasculaires etc... En résumé, il racontait qu'on n'a besoin d'infiniment moins de choses que ce que l'on consomme normalement. A titre d'exemple, les vrais besoins en viande nécessaires à une journée sont contenus dans l'équivalent d'un cm3. En gros, quand tu manges ton rumsteack de 200g, tu manges 20 fois trop. Ca ne s'appelle pas le bouddhisme alimentaire, mais je trouve que ça pourrait. Au final, le but de la méthode est de se rendre compte:
1. qu'on est des grosse bouffes.
2. et que désormais on ne mangera que ce dont on a réellement besoin.
 
Si bien que j'ai commencé à midi! Et là ça marche tellement bien, que je sens que ce soir je vais me ruer sur les premières pistaches que je vais voir, tellement j'ai la dalle... Heureusement que je suis invité ce soir, sinon ça me coûterait bon :). Enfin, si je ne me suis pas auto-digéré avant...
 
Aujourd'hui ça allait bien, je me suis promené en ville. Suis allé voir Sunshine à son nouveau boulot, il se fait über-chier comme un rat mort. Je suis juste passé en coup de vent pour voir le magasin où il travaille. Pas de nouvelles de Sonny Boy, juste pensé à lui furtivement en allant à la FNÜCK. Je m'efforce de ne pas penser à lui.
 
J'avance.

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