04.05.2006

Explications

Suite aux âmes perdues, j'ai eu des discussions-fleuve avec deux amies (Am et Mamat) qui ne partagent pas mon point de vue. Enfin qui ne sont pas d'accord sur certains points.
 
Donc je voulais recadrer le tout, parce que nous ne sommes pas d'accord sur certains points, mais un peu quand même. Je mets donc de l'eau dans mon Martini.
 
Déjà pour B., c'est vrai que je n'ai pas à juger ses amis. Je sais que son histoire est son histoire à lui, et qu'il ne m'appartient pas d'interférer. Je sais juste que si j'étais dans cette situation, à languir pour quelqu'un qui m'a détruit comme lui a été détruit, j'aimerais qu'on me baffe, qu'on me batte, qu'on me frappe, qu'on me jette à terre, qu'on me piétine, qu'on me mette la tête dans un seau d'eau, qu'on me brise les doigts un à un, ou comme dans Misery, qu'on m'explose les chevilles au maillet. Qu'on m'enlève mes illusions.
Ce que Léa a d'ailleurs fait pour moi (je crois, me rappelle plus bien) quand je voulais revenir avec Sonny Boy. Donc cela me tue que des gens qui vous aiment vous poussent à ne pas renoncer. Pour moi c'est inconcevable. Mais tout point de vue est défendable.
 
Je préfère qu'on me prépare au pire plutôt qu'à rien du tout. J'aimerais qu'on me dise que ca n'arrivera jamais, qu'on joue les oiseaux de mauvais augure, qu'on me noircisse encore le tableau. Car si le pire devait arriver, j'aurais alors peut-être une chance d'esquiver le GCPG (Grand Coup de Pelle dans la Gueule). Celui qui te met bien à terre, et pour longtemps. Celui qui, bizarrement, arrive à t'en mettre autant dans les dents que dans la tronche, autant dans la tronche que dans le coeur, autant dans le coeur que dans les tripes.
 
Donc effectivement, que ses amis lui disent de ne pas renoncer me dépasse. Ca doit être ma partie intolérante qui s'exprime (Soyez heureux, je vous épargne la partie apprenti coiffeux, qui, je vous rassure, est chez moi minime... Mais qui, cependant, me pousse des fois à brâmer Stop de Jamelia quand on joue à Singstar chez Mamat ou Ré).
 
Donc en résumé, je n'ai pas à juger ses amis. Mea culpa, mea culpissima culpa. (En plus, depuis le temps que je dois poster cette note, je les ai rencontrés, et ils sont sympas, donc ca c'est reglé).
 
Segundo. Ce que j'ai dit pour B., même si cela ne me regarde pas, est dans la lignée de tout ce que j'ai fait pour lui auparavant. Ca n'est pas contre lui, ça ne le sera jamais. Jamais je ne ferais quoique ce soit qui puisse lui faire du mal. C'est fou que, quand vous aimez, tout ressorte, aussi bien le bien que le mal. Tout ce qui était noté était censé servir d'électrochoc, lui faire prendre conscience qu'il ne peut pas rester marqué à vie. Et tenter de l'en sortir. Donc oui, de son sort je ne m'en fous pas, je n'y arrive pas. C'est peut être maladroit comme façon de procéder, j'en conviens aisément. But when it comes to him...
 
La preuve que je n'arrive plus à réflechir dès que ça touche à lui: je l'avais bloqué, j'ai duré deux jours. Là je viens de le remettre dans mes contacts... Deux petits jours et j'ai craqué. Honte sur moi, mais la pression était trop forte! J'ai pourtant tenté de résister (la souris de mon pc porte désormais des marques de rongement indélébiles). Mais c'est vrai que quand cela touche à lui, je n'arrive plus à réflechir, je deviens irrationnel (je crois que ça s'est légèrement vu). Ce type me rend complètement dingue (dans le sens positif du terme).
 
Par contre, en relisant, je me suis rendu compte qu'on pouvait penser que je défendais la thèse selon laquelle on peut survivre à une rupture brutale sans aucune égratignure. Ce qui n'est pas tout à fait vrai. Bien sûr que nous restons marqués par nos relations passées! Je ne serais pas ce que je suis ni qui je suis, si je n'avais pas eu Sonny Boy avant. Je ne serais pas heureux de vivre maintenant si je n'en avais pas bavé avant (le Martini aide bizarrement beaucoup dans la vision de sa propre vie). Donc non, on reste marqué à vie, on ne guérit jamais totalement de ce genre de souffrance. On change, on évolue.
 
On fait avec, voire même mieux, on se rapproche de son vrai moi. Je n'ai jamais été autant moi que maintenant, ce qui me permet de faire du n'imps en toute quiétude, pour la simple et bonne raison que je me contrefous de ce qu'on peut penser de moi. Ce que je voulais dire, c'est que même si la souffrance nous fait changer, elle n'est pas insurmontable. Elle nous façonne certes, mais pas forcément en mal.
 
En résumé, qu'il faille battre le pavé ou flâner lentement, virevolter, qu'il soit aisé ou ardu, le seul vrai chemin est celui qui mène à soi-même.

Les commentaires sont fermés.