09.05.2006
Un trou dans la tête
Vous vous imaginez à l'abri. Vous vous pensez fort, vous vous pensez au dessus de tout. Vous vous sentez inattaquable, imbattable, inébranlable. Vous vous pensez bien, heureux. Vous vous imaginez en harmonie, en paix avec vous-même. Vous vous dîtes que même si cela fait deux semaines, il finira bien par répondre.
Je ne suis pas malheureux, juste passablement usé (enfin malheureux, un peu peut être). Je suis fatigué. C'est samedi que je me suis pris un sale coup au coeur. Je me croyais revivre, avec ou sans B. J'étais bien, vraiment. Soirée avec Sunshine, Tia, et aussi d'autres amis, on avait prévu d'aller en boîte. Et pour une fois, j'étais vraiment motivé, et ce malgré l'orage, les trombes d'eau et le vent. Pour une fois, j'avais vraiment envie de me vider la tête, de faire la fête, de célébrer les petits riens.
Donc nous sommes allés en boîte, une boîte homo. Comme prévu. Ce qui n'était pas prévu, c'était que la première personne sur laquelle je tomberais nez à nez serait B. Honnêtement, je pensais qu'on pourrait se recroiser dans mon quartier, parce que désormais il habite à quelques rues de chez moi, et j'avais envisagé cette éventualité. Mais là, la boîte, jamais. D'autant plus qu'il m'avait dit qu'il détestait ça.
Et là, en le voyant, je suis resté bloqué, coincé, le souffle court. Il était avec son amie, elle a dû penser que je l'ai ignorée. Mais franchement, je ne l'ai même pas vue. Pas sur le coup du moins. Honnêtement, il y aurait eu un hippopotame rose (de circonstance) dans la boîte, je ne l'aurais même pas calculé. Quand j'ai vu B., les gens autour ont disparu. Et moi, c'était comme si on m'avait tiré une balle en pleine tête. Au cinéma, je pense qu'on aurait représenté ça à la Matrix, image en noir et blanc, un plan figé avec la caméra qui glisse en 360°. Le flingue arrive en 1/1000e de seconde, même pas le temps de le voir, ni de le sentir arriver. Et là, tchouf, un nuage de sang. Une fine brume légère. Le corps éjecté, qui décrit une jolie courbe régulière au dessus du sol. Le temps qui s'arrête. Je pense même que sur le coup, mon coeur a dû s'arrêter de battre.
Je me suis senti tellement mal. Je lui avais laissé un message, cela fait deux semaines. Pas de réponse. On a été connectés ensemble par trois fois depuis, il n'est pas venu me voir. Et là, la boîte, il ne devait pas être là, il n'avait pas à être là. Si on devait se voir, ça n'était pas comme ça. Pas comme ce à quoi je m'étais préparé. C'est ça le problème, j'attendais tout, SAUF ça. Je pensais le voir dans la rue, moi seul ou accompagné, avec Sonny Boy ou pas, avec Sunshine ou pas. La boîte, c'était l'ultime endroit où j'aurais imaginé tomber dessus. Non pas que ce soit mon territoire, mais sa présence ne cadrait pas. Il ne devait pas être là, il n'avait pas à être là.
Sauf qu'il y était, et que moi j'étais figé sur place. Alors je n'ai pu sortir qu'un malheureux "salut". Et encore, je ne sais pas même pas s'il est sorti d'un coup ou si je l'ai bredouillé. Puis je suis parti. Je ne sais pas combien de temps je suis resté planté devant lui.
C'est fou. Je me suis plus investi, j'ai mis plus de ma sueur, de mon sang, de mes tripes, de mon âme dans cette "non-relation" que pour beaucoup de mes vraies relations passées.
On a discuté 4 mois avant de se voir. J'ai passé des nuits à attendre vainement qu'il se connecte. Et même quand il était là, je me suis retenu de venir lui parler de peur de l'accaparer. Pour notre premier rendez-vous, vu qu'il appréhendait le fait qu'on se voie juste nous deux, il a fallu que j'affronte ses trois meilleurs amis. Oui, affronter. Parce qu'un premier rendez-vous avec lui et les trois meilleurs amis en face, c'est loin d'être du gâteau. Alors putain, qu'est ce que j'ai fait pour mériter ça ?
Enfin merde, le soir où il a fait sa fête chez lui et où il était complètement bourré, je n'ai pas rêvé, c'est lui qui n'a pas arrêté de m'envoyer des messages, de m'appeler pour me dire de venir, qu'il fallait absolument que je vienne, que ça lui ferait super plaisir...
Et c'est comme ça que cela termine. Car oui, autant ne pas se leurrer, nous sommes finis. C'est terminé. Si tant est que l'on ait commencé...
Je suis parti donc. J'ai suivi les autres, j'ai suivi mon Sunshine, je crois même que je me suis agrippé à lui. Et j'ai fui, du plus vite que je pouvais. Je suis allé dans un coin de la boîte avec Sunshine, près du bar (comme quoi, même dans la détresse, je ne perds pas le nord). J'ai réfléchi à ce que je voulais, à ce que je faisais, où j'allais, à ce que je pensais. J'ai pensé aussi à quel point j'étais mal (arrêtons de prétendre que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes). A quel point cela me bouffait qu'il ne m'ait pas répondu, qu'il n'ait pas daigné prendre deux minutes pour me donner de ses nouvelles (justement ce que je lui demandais dans mon message d'il y a deux semaines). Je ne demandais pas grand chose, un oui ou un non. Mais pas ça, juste pas ça. Pas rien. "Oui" ou "non", même "merde" ou "dégage", ça aurait été déjà mieux que pas de réponse du tout.
Je me suis demandé s'il fallait que je parte, j'ai pensé au nombre de pas qui me séparaient de la porte de sortie, et en combien de secondes je pouvais avaler cette distance. Je ne sais pas combien de temps j'ai passé à réfléchir, à me morfondre alors que tout le monde dansait à côté. Je n'y ai même pas prêté attention, les gens autour étaient juste des ombres qui bougeaient. J'ai dû rester une bonne heure à faire l'autiste, à rester enfermé en moi-même, à être ailleurs, à penser mourir dans la seconde, à avoir des sueurs froides.
Puis je me suis dit que je ne me laisserais pas abattre. J'étais venu pour m'amuser, et c'était précisément ce que j'allais faire. Et ce, avec ou sans B. J'ai repensé à cette chanson "Hole In The Head" des Sugababes (qui passait sur MTV quand j'habitais en Allemagne) et qui faisait:
Seven hours since you went away
Eleven coffees, Rickki Lake on play
But late at night when I'm feeling blue
I'd sell my ass before I think of you
Seven hours since you closed the door
Started a diet, got a manicure
Erased your number from my telephone
And if you call me I won't be at home
He said...
Why'd you cry
For the guy
Say goodbye
Runaway
Why'd you cry
For the guy
Say goodbye
I said ok, 'cos...
Ooh, boy you miss me like a hole in the head
Because I do boy,
And it's cool boy
And ooh, bet you never thought I'd get out of bed
Because of you boy,
Such a fool boy
Eleven hours on a brand new day
I'm getting ready to go out and play
It's late at night, I'm caught in a groove
I'd kiss my ass before I'm feeling blue
Seven hours, what you calling for?
A bunch of flowers and I slam the door
You're in my face, sorry what's your name?
Takes more than begging to reverse my brain
'cos...
Ooh, boy you miss me like a hole in the head
Because I do boy,
And it's cool boy
And ooh, bet you never thought I'd get out of bed
Because of you boy,
Such a fool boy
I'm through with it
Over it
Not having it
Crazy shit
Not feeling this
Can't deal, I quit
No more, No more
I'm through with it
Not having it
This crazy shit
I feel within
Can't deal with it
No more, I quit
No more, no more
Breaking off the brunt
A brand new day has just begun
Just because you made me go "ooh"
Doesn't mean I'll put up with you
Don't you dare come back
Can't u see I wont take that?
I ain't crying over you
Better fill your head up like I told you
Why'd you cry
For the guy
Say goodbye
Runaway
Why'd you cry
For the guy
Say goodbye
I said ok, 'cos...
Ooh, boy you miss me like a hole in the head
Because I do boy,
And it's cool boy
And ooh, bet you never thought I'd get out of bed
Because of you boy,
Such a fool boy (such a fool)
Ooh, boy you miss me like a hole in the head
Because I do boy (I do)
And it's cool boy (yeah it's cool)
And ooh, bet you never thought I'd get out of bed
Because of you boy, (I do boy)
Such a fool boy (such a fool)
Eleven coffees, Rickki Lake on play
But late at night when I'm feeling blue
I'd sell my ass before I think of you
Seven hours since you closed the door
Started a diet, got a manicure
Erased your number from my telephone
And if you call me I won't be at home
He said...
Why'd you cry
For the guy
Say goodbye
Runaway
Why'd you cry
For the guy
Say goodbye
I said ok, 'cos...
Ooh, boy you miss me like a hole in the head
Because I do boy,
And it's cool boy
And ooh, bet you never thought I'd get out of bed
Because of you boy,
Such a fool boy
Eleven hours on a brand new day
I'm getting ready to go out and play
It's late at night, I'm caught in a groove
I'd kiss my ass before I'm feeling blue
Seven hours, what you calling for?
A bunch of flowers and I slam the door
You're in my face, sorry what's your name?
Takes more than begging to reverse my brain
'cos...
Ooh, boy you miss me like a hole in the head
Because I do boy,
And it's cool boy
And ooh, bet you never thought I'd get out of bed
Because of you boy,
Such a fool boy
I'm through with it
Over it
Not having it
Crazy shit
Not feeling this
Can't deal, I quit
No more, No more
I'm through with it
Not having it
This crazy shit
I feel within
Can't deal with it
No more, I quit
No more, no more
Breaking off the brunt
A brand new day has just begun
Just because you made me go "ooh"
Doesn't mean I'll put up with you
Don't you dare come back
Can't u see I wont take that?
I ain't crying over you
Better fill your head up like I told you
Why'd you cry
For the guy
Say goodbye
Runaway
Why'd you cry
For the guy
Say goodbye
I said ok, 'cos...
Ooh, boy you miss me like a hole in the head
Because I do boy,
And it's cool boy
And ooh, bet you never thought I'd get out of bed
Because of you boy,
Such a fool boy (such a fool)
Ooh, boy you miss me like a hole in the head
Because I do boy (I do)
And it's cool boy (yeah it's cool)
And ooh, bet you never thought I'd get out of bed
Because of you boy, (I do boy)
Such a fool boy (such a fool)
Donc finalement, j'ai fait la fête. J'ai bu, dansé à n'en plus finir. Terminé la soirée à 5h30. Je suis remonté en selle, je crois.
Ou du moins, prétendre l'être.
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